La puissance de calcul est plus importante que la vitesse

Mark Twain pourrait sans doute s’identifier à Gordon Moore – ou, plus précisément, à la « loi » que le fondateur de Fairchild Semiconductors et d’Intel a conçue il y a plus de 50 ans. Dans le cas de Twain, sa mort a été « grandement exagérée ». Dans le cas de la loi de Moore, sa soi-disant mort est plus insignifiante qu’exagérée.

Dans ce billet de blog, je tiens à souligner l’importance de reconnaître que les forces technologiques qui nous ont menés là où nous sommes aujourd’hui – une période de transformation totale – ne nous conduiront pas de la même façon vers l’avenir. Cependant, ils ne nous ralentiront pas non plus ; ils feront n’importe quoi d’autre.

La loi de Moore – hier et aujourd’hui

Pour ceux qui ont besoin d’une brève récapitulation, la loi de Moore traite de la croissance de la technologie des puces informatiques et de la baisse des prix qui l’accompagne. En 1965, Moore a observé qu’entre 1958 et 1965, le nombre de transistors sur un circuit intégré avait doublé tous les 18 à 24 mois. En même temps, a noté Moore, le prix de ces circuits intégrés avait chuté de moitié.

Le concept est vrai depuis plus d’un demi-siècle. Ces dernières années, cependant, les prédictions de la mort de la loi de Moore se sont répandues. Pour certains, la raison en est que les transistors ne peuvent devenir beaucoup plus petits ou plus puissants. D’autres disent que les dépenses croissantes de production de puces rendent impossible la baisse continue des coûts.

Cela peut entraîner certains dans un sentiment de complaisance malencontreux – le sentiment que la vitesse à laquelle le changement s’est produit au cours des dernières années est finalement en train de freiner. Je ne pense pas que ce soit vrai.

La réduction de l’importance de la taille et du pouvoir

La mort perçue de la loi de Moore recouvre une conclusion plus importante. D’une part, les chercheurs poursuivent des stratégies utilisant des éléments tels que les nanotubes de carbone et la photonique au silicium qui ont le potentiel d’augmenter la vitesse des puces sans avoir à rétrécir les puces à l’échelle quantique. Cela rend la taille insignifiante.

D’autre part, le développement des puces n’est plus centré sur le simple muscle computationnel. Il est plus spécialisé, ce qui signifie que la puissance de calcul globale continuera de s’améliorer à mesure que les fonctions telles que le stockage et le traitement réseau sont réparties sur un certain nombre de puces. Cela souligne l’importance de l’ensemble du système informatique plutôt que d’un seul élément particulier.

Le message important que la soi-disant mort de la loi de Moore obscurcit est de comprendre que la puissance de calcul n’est pas simplement une question de vitesse, mais ce qui peut être accompli par de nouveaux et puissants outils.

Pensez à la prolifération des voitures semi-autonomes. Sont-ils capables d’aller aussi vite que les voitures qui étaient sur la route il y a 10 ou 20 ans ? Non, et ce n’est pas le problème. L’accent est mis sur une plus grande sécurité et des caractéristiques qui améliorent l’expérience de conduite globale.

Croissance exponentielle de l’écosystème informatique

De plus, le fait que la loi de Moore soit en train de « mourir » ne tient pas compte de la question essentielle que la technologie nouvelle et innovante n’a pas l’intention de ralentir – elle ne fera que s’accélérer et le devenir de façon exponentielle. Ce n’est pas nécessairement la loi de Moore qui accélère le rythme du changement, mais plutôt la croissance exponentielle des capacités de l’écosystème global, dont les puces ne sont qu’une partie.

De plus, il est essentiel de se concentrer sur ce qui peut être fait plutôt que sur la vitesse et le coût. Par exemple, les smartphones d’aujourd’hui ont une plus grande puissance de calcul que les énormes mainframes des années passées. En utilisant des outils tels que Siri, vous pouvez accéder aux supercalculateurs les plus puissants du monde en quelques mots. Il ne s’agit pas d’une question de vitesse, mais plutôt de la capacité globale d’un système entier.

Tout cela indique des possibilités énormes pour ceux qui reconnaissent la vitesse à laquelle chaque élément de notre vie se transforme.

La puissance de calcul est plus importante que la vitesse
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Georges Herry

Après mes études d'ingénieur j'ai rapidement intégré une grande banque Française. J'y ai gravis les échelons jusqu'à devenir responsable Informatique dans cette même banque durant 5 ans. Aujourd'hui je suis Responsable Innovation au sein d'une Mutuelle Européenne. Véritable mordu d'innovation, j'ai décidé de créer le magazine en ligne Info Tech News afin de partager les dernières pépites que je découvre.

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